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Le Journal de Lorenzo

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MessageSujet: Le Journal de Lorenzo Mar 9 Sep 2014 - 16:51

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J O U R N A L D E L O R E N Z O
— ma vie sur terre.

Mon nom est Lorenzo Claroscuro et je suis un condamné. Je peux sentir le DC-01 pervertir mon organisme. Les brûlures. Les spasmes. La fièvre. Le monde qui se floute sous mes yeux. Les crises d’épilepsie. J’ai beau me battre, je sens que j’ai déjà perdu. Hier soir, j’ai mordu mon petit frère, Éden.

Lui et moi avons fui de chez nous il y a deux jours. Notre maison a été attaquée par un Contaminé qui a dévoré nos parents. C’est lui qui m’a mordu. Dès l’instant où j’ai senti ses dents déchirer ma peau et fouiller ma chair, j’ai su qu’il était trop tard. J’ai essayé de tenir bon, pour Éden. Il n’a que neuf ans et il est fragile, si fragile… Je croyais que mon amour pour lui prendrait le dessus mais non. Je l’ai mordu. J’ai voulu manger mon propre frère. Par chance, son groupe sanguin le protège du virus qui maintenant court dans mes veines et ma salive. Mais je sais maintenant que je suis un danger. Pour moi. Pour lui. Pour tous.

Dans deux heures, je confierai Éden à un orphelinat et je disparaîtrai de sa vie. Je me cacherai ensuite, le temps d’achever l’irrémédiable transformation. Je saurai être fort. Je ne mourrai pas, je ne deviendrai pas l’une de ces bêtes assoiffées de sang qui terrorisent la population. Je dois rester maître de moi, et ainsi je deviendrai plus fort. Je reviendrai chercher Éden. Je le protégerai et nous vivrons enfin heureux.

Éden s’est réveillé. Après avoir dormi sous un pont, nous avons trouvé refuge dans cette cave abandonnée où j’ai pu panser mes blessures. Il y fait froid et humide, mais au moins nous étions en sécurité derrière de véritables murs. J’ai réussi à voler une pomme et un quignon de pain pour son petit-déjeuner. Éden… Il est si petit, si chétif… J’aimerais tant rester avec lui, mais il en est hors-de-question. Les gens de l’orphelinat s’occuperont bien de lui, j’en suis sûr. Ils seront toujours moins dangereux que moi. Et puis, ce n’est qu’une question de temps.


Ces mots seront sans doute mes derniers mots.

Je vais mourir. Je saigne et je saigne à n’en plus finir. Je ne savais pas que je pouvais perdre autant de sang. La douleur dans mon abdomen est insoutenable.

Des Wrists. Une embuscade de Wrists. Ils nous sont tombés dessus alors que j’emmenais Éden à l’orphelinat. Je le portais sur mes épaules et il somnolait, tout était paisible. Et puis au détour d’une rue il y a eu cette odeur. Délicieuse. Une odeur de sang, chaude, sucrée, lourde. L’air baignait de ce parfum. Aussitôt, l’eau m’est venue à la bouche. J’ai pressé le pas sans le vouloir. Là, au milieu de la rue, un cadavre. Une femme. Baignant dans son délicieux sang. Je me suis penché sur elle, fébrile, tremblant. Mes lèvres ont touché sa chair rouge et poisseuse.

Je ne sais pas si c’était un piège ou juste le hasard. Peut-être avaient ils neutralisé le Contaminé responsable du meurtre et se trouvaient encore dans les parages. Mais la seconde d’après, Éden et moi étions cernés de gens en uniforme, pointant leurs armes sur nous. J’ai voulu m’expliquer, mais à ce moment Éden s’est mis à pleurer. J’ai voulu avancer. Fatale erreur. Les coups sont partis, j’ai pris une balle dans la jambe, je suis tombé, Éden a hurlé de peur.

Je ne sais pas ce qui s’est passé. Entendre mon frère crier m’a rendu fou. J’ai senti une force inconnue jaillir en moi. Puis, un noir teinté de rouge. J’ai fui avec Éden. Je pense que j’ai tué quelqu’un. Blessé, tout du moins. Mes habits sont couverts de sang qui n’est pas le mien. J’ai couru et couru avec mon frère, mon précieux petit frère, malgré les balles logées dans mon corps et cette ouverture béante au niveau du ventre.

J’ai échoué dans ma mission. Certes, Éden est à l’abri à l’orphelinat. Quand j’ai surgi dans l’entrée, hagard, blessé, que j’ai supplié qu’on prenne soin de lui, on m’a promis de le garder. Je les crois. On m’a toujours dit que la directrice était une brave femme, digne de confiance. Mais j’ai échoué parce que je vais mourir. Déjà la tête me tourne, les lumières déclinent, le froid m’envahit. Jamais je ne deviendrai fort. Jamais je ne serai capable de protéger Éden.

Papa, maman, j’ai échoué.

Éden… Pardonne-moi, frérot. Pardonne-moi de ne pas avoir été à la hauteur. Sois fort, Éden Claroscuro. Ne cède jamais. Tu es désormais seul dans ce monde cruel.

Éden… Je t’aime.

Adieu.

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